Mener une carrière entière sur un seul morceau, ils ne sont pas nombreux à l'avoir fait. Mais quand le morceau en question montre que ce sont des rockeurs psyché qui ont inventé rien moins que le heavy metal (et à mon humble avis le Stoner par la même), ce serait presque mérité.Avec In a Gadda da vida*, Iron Butterfly a livré, en un seul titre la quintessence du Heavy Metal, dans ses qualités comme dans ses défauts: riff plombé répétitif, morceau à rallonge (17 minutes, soit finalement l'intégralité de la face B de l'album), solo de batterie, solo de guitare, solo d'orgue, les trois à rallonge aussi. Personnellement, j'ai un mal fou, au court de ces 17 minutes, à savoir si ce morceau confine plus au génie ou à l'indécence.
Pourquoi citer ce morceau alors qu'il ne concerne pas à proprement parler l'homme qui nous intéresse aujourd'hui? Déjà parce que c'est en cherchant à en savoir plus sur Philip Taylor Kramer – bassiste du groupe à partir de 1974, soit donc bien après le succès originel- que j'ai découvert que le groupe tournait encore aujourd'hui, et ce sans aucun des membres de départ.
Philip Taylor Kramer, disais-je, avait rejoint le groupe en 1974 (donc facile 6 ans après le tube). Enfin, pour être précis, il était bassiste dans la reformation sous le nom d'Iron Butterfly du groupe, autour du batteur d'origine. En tant que bassiste, c'était à lui que revenait le luxe d'ouvrir le morceau mythique par le non moins mythique "toum, toum, tou-dou-dou-doum ouin, ouin, ouin-ouin." De plus, sur scène, c'est lui qui chantait le morceau.
Reste qu'il quitte le groupe en 1977. Et crée, en 1990, avec Randy Jackson (le frère de Mickael), une entreprise qui développe des formats de compression pour CD-Roms. Certes, ça n'a pas l'air important comme ça, mis à part le coup du frangin Jackson. Reste que c'est important pour la fin.
Le 12 Février 1995, il part pour l'aéroport de Los Angeles, pour aller chercher un investisseur. Il a alors 42 ans. Il passe une série de coups de fil, dont un à la police disant: "I’m going to kill myself. And I want everyone to know O.J. Simpson is innocent. They did it ".
Après quoi, on entendra plus parler de lui. Sa disparition constituera un mystère durant plus de quatre ans, jusqu'à ce qu'on retrouve au fond d'un Canyon de Malibu sa voiture, avec, à l'intérieur, ce qui sera identifié comme son squelette, le 29 Mai 1999. Back In a gadda da vida.
* In-a-gadda-da-vida, pour ceux qui ne le sauraient pas, c'est en fait "In the garden of Eden" prononcé par Doug Ingle (Voix / orgue), qui est sous acide au moment de l'enregistrement.