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4 mars 2011

1986 - Richard Manuel

-         - Bon, alors, c'est qui le prochain?
-        -  Richard Manuel.
-         - Qui ça?
-         - En fait c'était un canadien qu'était clavier (entre autres) dans The Band. Faut qu'on soit prêt pour le 6 Mars.
-         - OK, bon, je vais jeter un œil sur Wikipedia pour me mettre dans l'esprit… Alors, né le 3 Avril 1943 en Ontario au Canada… Putain!
-        -  Quoi?
-        -  Le 6, hein? Et là, c'est marqué quoi? 4 Mars!!! Aujourd'hui !
-         Attends, mais t'as dit à Thomas hier que le prochain c'était ça, le 6, juste après qu'il ait râlé que tu publiais pas assez… il s'est peut-être amusé à aller modifier l'article. Vérifie l'historique, et la version anglaise…
-         4 Mars, 4 Mars, 4 Mars… Putain, The Band on en sait quoi? Music from big pink, sa pochette peinte par ma nièce, backing band de Dylan, et The Last Waltz, le film de Scorcese.
-         En fait c'est quand même plus compliqué. Au départ, le groupe s'appelait "The Hawks", et quelqu'un les a conseillés à Dylan comme backing band au moment de son virage à l'électrique, et il a un peu tourné avec eux vers, donc 1966 - 1967. Sauf que ça correspond à peu de chose près au moment ou Dylan a son accident de moto. Comme ils ne peuvent pas tourner, il décide de les installer dans une grande maison rose à proximité de chez lui, à Woodstock. C'est ça, en fait, le "Big Pink" de "Music from Big Pink": à défaut de tourner, le groupe, simplement rebaptisé "the Band" s'amuse à bidouiller un peu, à mélanger country, soul, rhythm and blues, gospel et rockabilly… Ils en profite pour signer un contrat pour 10 albums avec Capitol, via le manager de Dylan, et ils finssent par sortir le fameux album "Music from Big Pink". Dont Richard Manuel est un des deux compositeurs principaux.
Après, évidement, ils continuent, en parallèle de leur carrière de Backing Band de Dylan, de sortir des albums, au rythme d'environ un par an (en comptant Best Of et anthologie). Genre sur "Before the flood", c'est eux qui jouent. Et donc, "The Last Waltz", c'est en 1978, c'est leur dernier concert, qui est filmé par Scorcese, qui sortira donc au ciné, avec des tonnes d'invités, du genre Clapton, Neil Young, Neil Diamond (dont on se demande un peu ce qu'il fout là) et, évidement, Dylan. Et ça sortira aussi en triple LP. Mais je l'ai pas vu, alors… Tout ce que je peux te dire à ce sujet, c'est "c'était bien la peine si c'était pour se reformer cinq ans plus tard". (Mais sans Dylan, qui a viré…bien, mais mal en fait.)
-         Eh, mais en fait, on devrait pouvoir s'en sortir… La mort, elle est bien Rock ou pas?
-         Ben… suicide. Pendaison.
-         Correct. Go on.
-         Le 4 Mars 1986, après un concert donné à côté d'Orlando en Floride, où il apparaissait de bonne humeur, mais s'est senti obligé de remercier son compère Hudson pour "25 ans d'incroyable musique". Ils retournent à l'hôtel, discutent un brin, et à un moment Ricard s'éclipse pour aller chercher un truc dans sa chambre. Sa femme retrouvera son corps le lendemain, et, selon toute probabilité, il aurait vidé une bouteille entière de Grand Marnier et se serait fait une rapide ligne avant de se pendre: on retrouvera la bouteille vide et un peu de cocaïne à proximité de son corps.
-         Bon, au final on devrait s'en sortir. Tape ça vite fait, poste le et puis voilà. Et le prochain, c'est pour?
-         Le 10.
-         T'es sûr? Parce que bon… Je vais peut-être m'y mettre maintenant, on sait jamais. Faut qu'on arrête d'écrire les articles comme ça… on tiendra pas un an comme ça, et faudrait voir à pas trop tirer sur la corde.






Découvrir The Band: Music from Big Pink (le classique, quoi), 1968

12 février 2011

1995 - Phlip Taylor Kramer



Mener une carrière entière sur un seul morceau, ils ne sont pas nombreux à l'avoir fait. Mais quand le morceau en question montre que ce sont des rockeurs psyché qui ont inventé rien moins que le heavy metal (et à mon humble avis le Stoner par la même), ce serait presque mérité.

Avec In a Gadda da vida*, Iron Butterfly a livré, en un seul titre la quintessence du Heavy Metal, dans ses qualités comme dans ses défauts: riff plombé répétitif, morceau à rallonge (17 minutes, soit finalement l'intégralité de la face B de l'album), solo de batterie, solo de guitare, solo d'orgue, les trois à rallonge aussi. Personnellement, j'ai un mal fou, au court de ces 17 minutes, à savoir si ce morceau confine plus au génie ou à l'indécence.

Pourquoi citer ce morceau alors qu'il ne concerne pas à proprement parler l'homme qui nous intéresse aujourd'hui? Déjà parce que c'est en cherchant à en savoir plus sur Philip Taylor Kramer – bassiste du groupe à partir de 1974, soit donc bien après le succès originel- que j'ai découvert que le groupe tournait encore aujourd'hui, et ce sans aucun des membres de départ.

Philip Taylor Kramer, disais-je, avait rejoint le groupe en 1974 (donc facile 6 ans après le tube). Enfin, pour être précis, il était bassiste dans la reformation sous le nom d'Iron Butterfly du groupe, autour du batteur d'origine. En tant que bassiste, c'était à lui que revenait le luxe d'ouvrir le morceau mythique par le non moins mythique "toum, toum, tou-dou-dou-doum ouin, ouin, ouin-ouin." De plus, sur scène, c'est lui qui chantait le morceau.

Reste qu'il quitte le groupe en 1977. Et crée, en 1990, avec Randy Jackson (le frère de Mickael), une entreprise qui développe des formats de compression pour CD-Roms. Certes, ça n'a pas l'air important comme ça, mis à part le coup du frangin Jackson. Reste que c'est important pour la fin.

Le 12 Février 1995, il part pour l'aéroport de Los Angeles, pour aller chercher un investisseur. Il a alors 42 ans. Il passe une série de coups de fil, dont un à la police disant: "I’m going to kill myself. And I want everyone to know O.J. Simpson is innocent. They did it ".

Après quoi, on entendra plus parler de lui. Sa disparition constituera un mystère durant plus de quatre ans, jusqu'à ce qu'on retrouve au fond d'un Canyon de Malibu sa voiture, avec, à l'intérieur, ce qui sera identifié comme son squelette, le 29 Mai 1999. Back In a gadda da vida.



* In-a-gadda-da-vida, pour ceux qui ne le sauraient pas, c'est en fait "In the garden of Eden" prononcé par Doug Ingle (Voix / orgue), qui est sous acide au moment de l'enregistrement.